5. juillet 2026
Les neurosciences ont-elles vraiment révolutionné la formation… ou est-ce surtout un argument marketing ?
Temps de lecture : 4 min
Depuis quelques années, impossible d'ouvrir une brochure de formation sans tomber sur les mots neurosciences, cerveau, dopamine, plasticité cérébrale ou encore neurolearning.
À croire qu'il suffit de dessiner un cerveau sur une présentation pour rendre une formation plus efficace.
Spoiler : non.
Les neurosciences ont énormément apporté à notre compréhension de l'apprentissage. En revanche, certaines interprétations commerciales prennent parfois quelques raccourcis…
Les neurosciences ont apporté de vraies avancées
Commençons par rendre à César ce qui appartient à César.
Aujourd'hui, la recherche montre notamment que nous retenons mieux lorsque nous :
- sommes actifs plutôt que simples spectateurs ;
- faisons des liens avec nos connaissances ;
- répétons dans le temps ;
- recevons un feedback rapide ;
- sommes émotionnellement impliqués.
Sur ces points, il y a un consensus scientifique relativement solide.
Autrement dit : le cerveau aime participer.
Là où ça se complique…
Le problème n'est pas la science.
Le problème, c'est ce qu'on en fait.
Aujourd'hui, on voit fleurir des arguments du type :
"Notre méthode est basée sur les neurosciences."
Très bien.
Mais... lesquelles ?
Parce que les neurosciences ne sont pas une méthode pédagogique.
Elles expliquent des mécanismes biologiques.
Entre comprendre comment fonctionne la mémoire et concevoir une formation efficace, il y a tout un métier : celui de pédagogue.
Attention aux "neuromythes"
Certains mythes ont la vie dure :
❌ Nous n'utiliserions que 10 % de notre cerveau.
❌ Il existerait des apprenants "cerveau droit" et "cerveau gauche".
❌ Chacun aurait un style d'apprentissage (visuel, auditif, kinesthésique) qu'il faudrait absolument respecter.
Ces idées restent très populaires…
...alors qu'elles sont largement remises en question par la recherche.
Cela ne signifie pas que chacun apprend de la même manière.
Mais les explications sont bien plus complexes que ces raccourcis séduisants.
Une bonne pédagogie ne commence pas par le cerveau
Elle commence par une question beaucoup plus simple :
Que doivent réellement savoir faire les participants en repartant ?
À partir de là, on construit :
- des mises en situation ;
- des échanges ;
- des expérimentations ;
- des erreurs ;
- des feedbacks ;
- des moments de réflexion.
Les neurosciences viennent ensuite expliquer pourquoi cela fonctionne.
Elles ne remplacent pas l'ingénierie pédagogique.
Chez DGLS Développement, ce que nous retenons
Nous nous intéressons beaucoup aux travaux issus des neurosciences.
Mais nous refusons d'en faire un argument marketing.
Ce qui nous intéresse, ce n'est pas de "faire scientifique".
C'est de concevoir des formations où les participants :
- réfléchissent,
- expérimentent,
- débattent,
- manipulent,
- prennent du recul,
- repartent avec des outils immédiatement utilisables.
Parce qu'au final, le meilleur indicateur de réussite n'est pas qu'une formation parle du cerveau.
C'est qu'elle change réellement les pratiques sur le terrain.
Pour aller plus loin
📖 Les fondamentaux des sciences cognitives au service de l'apprentissage
https://www.reseau-canope.fr
📖 Apprendre : les apports des sciences cognitives
https://www.cairn.info
📖 OCDE – The Nature of Learning
https://www.oecd.org/education
📖 Université Grenoble Alpes – Sciences cognitives et apprentissage
https://www.univ-grenoble-alpes.fr
Notre regard
Les neurosciences sont passionnantes.
Mais elles ne doivent pas devenir le nouveau mot magique de la formation professionnelle.
Une formation efficace ne repose pas sur un vocabulaire sophistiqué.
Elle repose sur des objectifs clairs, une pédagogie cohérente, des activités pertinentes… et beaucoup d'humain.
Le cerveau est fascinant.
Les personnes qu'il y a derrière le sont encore davantage.
